Petites Formes (Concert-spectacle FR)

CARTE BLANCHE

Si la recherche musicale du XXème siècle a tenté une révolution des langages, elle a aussi transformé le rapport du percussionniste à l’instrument et permis une réflexion sur la forme. Aussi, des aphorismes de Webern aux tableaux des surréalistes, la volonté de réduire la forme a ouvert la voie à la recherche d’une efficacité poétique nouvelle. Les percussions “d’aujourd’hui” offrent au musicien comme au compositeur un éventail des possibilités sonores dont ils s’étaient vus privés jusqu’alors: traitement du son par l’électronique, création d’un nouvel instrumentarium, prise en compte du rôle scénique et du geste dramaturgique de l’instrumentiste.

Ce choix du Trio de Bubar de construire un spectacle modulaire, composé de différentes pièces – de “petites formes”- répond à un désir profond de mettre en jeu cette évolution du rôle des percussions dans la musique. Des instruments classiques comme des jouets et des objets du quotidien seront ainsi utilisés (comme dans Traffic, de Gérard Pesson) ; des instruments électroniques comme le thérémine ainsi que le traitement sonore seront sollicités (dans Toucher, de Vincent-Raphaël Carinola, notamment). Enfin, il a semblé important de faire la part belle aux percussions traditionnelles, source d’inspiration première aujourd’hui pour les compositeurs comme pour les membres du Trio (Alternatives pièce pour cymbalum, et Rossinante pour trois zarbs).

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Bubaropolis – Espace Tonkin Residence (Photo Gallery)

Bubaropolis (Spectacle-concert FR)

UN MONDE BUBAR

Plateau : désert, terreau de tous les possibles.

Peu à peu, des tâches, presque des formes, émergent, par le bas, par le haut, par les côtés : assemblage d’éléments disparates, mobiles suspendus, bras qui s’allongent. Les textures s’entremêlent les unes aux autres, jusqu’à bâtir des volumes distincts, des chemins sonores, des jeux géométriques. Le regard alors s’ouvre, cherche, se prête au jeu. Ça pêche à la ligne, ça tourne en rond, ça rebondit, ça circule, ça inverse, ça renverse. Une mécanique est en route, qui obéit à sa partition et à sa logique propre. Elle donne le jour à Bubaropolis, ville-jeu où le décalage et l’amusement s’érigent en règle. Tout s’imbrique, se déploie, interagit, progresse… quand l’animation, envahie par ses élans multiples, perd pied et s’affole…

Dans l’ombre de Norman McLaren (Ciné-concert-spectacle FR)

NORMAN MCLAREN

Ce spectacle est né du désir du Trio de Bubar de créer une véritable rencontre entre un univers sonore – le sien – et l’image animée – celle de Norman McLaren. Cet inventeur visionnaire a tout de suite inspiré les musiciens. Le détournement de l’image, propre à l’esthétique de McLaren, trouve immédiatement un écho dans leur démarche : détournement des objets, invention de formes singulières, capacité d’autodérision derrière  une grande maîtrise technique.

La cursivité du dessin animée constitue également une forme de partition pour les musiciens qui composent à partir de la rythmicité des images. Ce rythme est comme une trame secrète mise à jour par les percussionnistes. Différents univers, comme autant de petits mondes, ressortent de ce spectacle en passant de l’ambiance géométrique de Lignes horizontales, au surnaturel de A phantasy  pour finir sur les scènes burlesques de Voisins.

Les images de Mc Laren se donnent à nouveau à entendre à travers la composition sonore et inouïe du Trio de Bubar.  La poésie et l’humour sont au service d’une virtuosité évidente mais discrète.

Chiaroscuro (Concert-spectacle FR)

Chiaroscuro est une pièce pour un rideau et quatre côtés.

Spectacle manifeste de l’esthétique bubaresque, les objets y sont mis en scène à travers une structure scénique particulière : la cage. Ce dispositif permet d’apprécier progressivement l’intimité des objets, dans un parcours qui va des balbutiements de l’enfance à l’expression assurée du geste musical. L’instrumentarium met en jeu de nombreux jouets d’enfants qui parlent à la mémoire de chacun, petits ou grands…

UN CLAIR-OBSCUR ANIMÉ

Cette volonté de donner à entendre par le regard a orienté la scénographie vers une structure mobile qui présente plusieurs possibilités scéniques : les quatre faces d’un cube ainsi que l’espace qui l’environne. La structure occupe la scène en créant deux espaces : un espace intérieur et un espace extérieur.

Les différents moments musicaux sont organisés autour du changement de cadre par rotation dans l’espace scénique qui devient dès lors une zone de jeu aménagée avec des stands d’instruments suspendus.