Petites Formes (Concert-Spectacle)

CARTE BLANCHE

Si la recherche musicale du XXème siècle a tenté une révolution des langages, elle a aussi transformé le rapport du percussionniste à l’instrument et permis une réflexion sur la forme. Aussi, des aphorismes de Webern aux tableaux des surréalistes, la volonté de réduire la forme a ouvert la voie à la recherche d’une efficacité poétique nouvelle. Les percussions “d’aujourd’hui” offrent au musicien comme au compositeur un éventail des possibilités sonores dont ils s’étaient vus privés jusqu’alors: traitement du son par l’électronique, création d’un nouvel instrumentarium, prise en compte du rôle scénique et du geste dramaturgique de l’instrumentiste.

Ce choix du Trio de Bubar de construire un spectacle modulaire, composé de différentes pièces – de “petites formes”- répond à un désir profond de mettre en jeu cette évolution du rôle des percussions dans la musique. Des instruments classiques comme des jouets et des objets du quotidien seront ainsi utilisés (comme dans Traffic, de Gérard Pesson) ; des instruments électroniques comme le thérémine ainsi que le traitement sonore seront sollicités (dans Toucher, de Vincent-Raphaël Carinola, notamment). Enfin, il a semblé important de faire la part belle aux percussions traditionnelles, source d’inspiration première aujourd’hui pour les compositeurs comme pour les membres du Trio (Alternatives pièce pour cymbalum, et Rossinante pour trois zarbs).

Madhura Sopnam (Concert-Spectacle)

RÊVES SUCRÉS

Né à l’issue du voyage d’études de Roméo au Kerala, le projet Madhura Sopnam est la rencontre improbable entre cinq grands artistes originaires de Cochin (musiciens carnatiques et de Kathakali) et les Emeudroïdes.

D’un côté, le raffinement mélodique du raga, la sophistication et l’inventivité des figures rythmiques, la vigueur de l’improvisation, l’inscription respectueuse dans une tradition. De l’autre, un jazz qui couche à toutes les auberges (bonnes et mauvaises adresses), mange à tous les rateliers (musique contemporaine et électroacoustique, improvisation, écriture, bruitisme, modalité, pop), vorace et pilleur, bien décidé à tout posséder et aussitôt tout jeter, beurre, eau du bain, argent, bébé. Où la mémoire est vive, ingrate et à seul accès aléatoire. Alors Madhura Sopnam ? Mariage blanc, mariage contre nature ou union libre ?

plus d’infos : http://www.emeudroides.com

Emeudroïdes Quintet

Est-ce, comme le suggère la participation du contrebassiste Jérémy Bruyère, le plus jazz des projets des Emeudroïdes?

Projet né d’une collaboration avec le label Neos-Jazz, et bien que flirtant avec l’appellation, les Emeudroïdes restent adaptés aux environnements les plus opposés. Ils transitent dans les espaces lisses, quasi désertiques de l’électroacoustique, mais savent aussi se faufiler dans le quadrillage urbain des rythmes les plus resserrés.

L’émeudroïde y est individu non pas tant parce qu’il est seul, mais parce qu’il est unique, se distingue radicalement des autres membres de l’espèce. L’individu n’est jamais « seul », en vérité. Tissé de multiplicité, il ne cesse pas d’être en soi un collectif, comme le démontre éloquemment chacune des compositions attribuées à un des membres.

Individu et collectif, aphasique et dialecticien, nomade et sédentaire, sauvage et sophistiqué, l’émeudroïde lance comme le sophiste un défi renouvelé au principe de contradiction. Mais c’est là que s’arrête la parenté avec la sophistique. La sophistique est un art de la surface, l’émeu sapiens, lui, est un animal des profondeurs.

L’Emupo

ÉMULSEUR DE MUSIQUES POTENTIELLES

L’Emupo est la dernière dégénération cyber-naïve des Emeudroïdes.

Interface logicielle développée dans Max/Msp et destinée à l’extension électroacoustique d’une improvisation musicale, elle a été conçue et réalisée dans les ateliers de Sonus (CNSMD de Lyon), au Grame (Centre National de Création Musicale) et dans le repaire de Pierre Scise.

La référence du titre au célèbre groupe littéraire provient en partie d’une identification amusée à cette autodéfinition que l’on prête à Raymond Queneau : “nous sommes des rats qui construisent eux-mêmes le labyrinthe dont ils se proposent de sortir”.

Véritable émulseur de musiques potentielles, l’Emupo peut tout : plate-forme technoïde qui va faire pâlir le dance-floor, réserve naturelle de bande-sons animalières, gisement off-shore de pépites sérielles ou terreau propice à la manifestation de tubes eurovisionnaires.

Conception & Réalisation : Les Émeudroïdes / Programmation : Roméo Monteiro

plus d’infos : http://www.emeudroides.com

Biographie

Musicien aux multiples casquettes, il étudie les percussions et la composition au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon, en se consacrant particulièrement aux interactions entre geste instrumental et électronique.

Abordant conjointement l’interprétation, l’improvisation, la composition, le software et le hardware design, il se distingue avant tout comme expérimentateur insatiable, en collaborant notamment avec les compositeurs Jose-Miguel Fernandez, Federico Schumacher, Cristian Morales-Ossio, Andrea Vigani, Vincent-Raphaël Carinola, Ondrej Adamek, Karl Nagaelen, Frédéric Pattar, Gérard Pesson.

Il compose pour divers ensembles tels que Ü en Estonie, Aashti et le Taipei Chinese Orchestra à Taiwan, le collectif Spat’ Sonore en France, ainsi que pour la musique de scène avec la compagnie The Guest de Yuval Pick, la Compagnie Complètement Dramatique de Guillaume Perrot ou la Compagnie Irina Brook au Théâtre National de Nice.

Au delà du champ des musiques contemporaines et expérimentales, il s’intéresse aux musiques traditionnelles et plus particulièrement celles d’Inde du Sud, où il voyage régulièrement pour étudier et pratiquer.

Ces multiples expériences l’amènent à développer un jeu personnel au sein des ensembles Trio de Bubar (avec lequel il crée les spectacles ChiaroscuroDans l’ombre de Norman McLarenBubaropolis autour du théâtre musical et du théâtre d’objets), les Émeudroïdes (quatuor post-jazz avec lequel il crée Madhura Sopnam, l’Emupo), le collectif Spat’ Sonore (collectif d’interprètes/improvisateurs qui pratiquent le hacking instrumental afin de créer de nouveaux modes de jeu permettant la spatialisation sonore, par des moyens acoustiques) ou l’Ensemble Orchestral Contemporain sous la direction de Daniel Kawka.

Récemment, il collabore avec le compositeur Ondrej Adamek et le GRAME pour la création de l’instrument unique Airmachine 2 et interprète depuis un concerto écrit pour celui-ci.

Il se produit régulièrement en France, ainsi qu’à l’étranger, en Europe, en Amérique ou en Asie, et enregistre pour divers labels discographiques (En jeux, Neos-music, Naïve, Sismal Records, Pueblo NuevoAeon, Urborigène).

Biography

Multi-faceted musician, he studied percussion and composition at the Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon, with a particular focus on interactions between instrumental gestures and electronic.

Approaching together interpretation, improvisation, composition, software and hardware design, he distinguished himself above all as an insatiable experimenter, collaborating in particular with composers such as Jose-Miguel Fernandez, Federico Schumacher, Cristian Morales-Ossio, Andrea Vigani, Vincent-Raphaël Carinola, Ondrej Adamek, Karl Nagaelen, Frédéric Pattar, Gérard Pesson.

He composed for various ensembles such as Ü in Estonia, Aashti and the Taipei Chinese Orchestra in Taiwan, the collective Spat’Sonore in France, as well as for stage music with the company The Guestof Yuval Pick, the Compagnie Complètement Dramatique de Guillaume Perrot or the Compagnie Irina Brookat the National Theatre of Nice.

Beyond the field of contemporary and experimental music, he is interested in traditional music, particularly those from South India, where he travels regularly to study and practice.

These multiple experiments lead him to develop a personal skill within the ensembles Trio de Bubar (with which he creates the shows Chiaroscuro, Dans l’ombre de Norman McLaren, Bubaropolis around the musical theatre and the theatre of objects), the Emeudroïdes (post-jazz quartet with which he creates Madhura Sopnam, the Emupo), the collective Spat’Sonore (collective of performers/improvisers who practice instrumental hacking in order to create new playing modes allowing sound spatialization, through acoustic means), or the Ensemble Orchestral Contemporain, conducted by Daniel Kawka.

Recently, he collaborated with the composer Ondrej Adamek and the GRAME organisation, for the creation of the unique instrument Airmachine 2, since what he interprets a concerto written for it.

In these multiple settings, he regularly performs abroad, in Europe, in America or in Asia, and records for various discographic labels (En jeux, Neos-music, Naïve, Sismal Records, Pueblo Nuevo, Aeon, Urborigène).